DEUX JOURS BONBONS

 

de Frédéric Dumont

 

 

N’oubliez pas de respirer ! Surtout n’oubliez pas !

 

Nous sommes le 13 décembre 2005.

Il est 8h.

Avant de partir pour le Viaduc, j’écoute les infos. La routine.

Tremblement de terre au Pakistan . On en a presque l’habitude…

Attentat en Irak. Apparemment, pour la journaliste, le tout est de savoir si c’est dans un quartier chiite ou sunnite que ça a explosé !

La réunion de l’OMC s’est ouverte à Honk Kong. C’est reparti. Quelques dirigeants vont encore dessiner le monde pour un an.

 

J’éteins cette maudite radio et je sors de chez moi.

 

J’arrive au Viaduc. Des « gens » sont là. Chacun avec le programme de ces deux journées sous le bras.  Chacun un statut. Un métier. Une position sociale. A défendre.

Certains sont là par mission. D’autres par besoin politique. Un désir d’agir pour survivre au monde. D’autres, sans doute, sont là parce qu’il le faut bien.

Et toutes les raisons sont bonnes!

 

Oui ! Oui ! Respirez ! Respirez !

 

Toutes ces personnes sont venues avec un bagage, une valise, un cartable ou un sac à main pour s’encadrer, cadrer sa personnalité en un clin d’œil. Il y a un statut derrière cette image.  Comme tout le monde, on tient à montrer ce que l’on est. Ou tout au moins ce que l’on a fait de nous. Ou tout simplement ce que l’on croit devoir être.

Après une collation, les groupes se forment, se cherchent. Les ateliers peuvent commencer.

 

Qui veut être sur scène ?

 

Pour commencer, j’observe Jo dans son atelier de chant.

« Les gens » se présentent timidement. Une femme dit qu’elle chante sous la douche mais mal. Une autre est gênée d’avouer qu’elle ne chante jamais ! Un autre jouait de la flûte quand il était petit. Ou chantait dans une chorale. Il ne sait plus très bien.

Cette timidité est touchante. Les mots sont susurrés. Parfois à peine audibles.

 

On frappe dans les mains. On murmure des sons. Jo passe d’un exercice à l’autre assez rapidement. Elle avance vite. Comme pour empêcher de se poser trop de questions.

On se laisse à crier. Ou tenter de crier.

Les premiers sons « libres » de la journée retentissent soudainement dans la salle.

 

J’ai l’impression que toutes les valises qui enferment nos vies sont restées au vestiaire. Juste à l’entrée. Très vite. Ils ne sont plus que des hommes et des femmes. Debout. Assis. Simple. Nus. Plus de barrières. (ou si peu). Plus de préjugés. Plus de cache. Juste un désir de vivre un moment. Une ouverture. Expérience. Disponibilité. Confiance en l’autre. C’est bon de chanter !

C’est bon bon…

 

Est-ce que quelqu’un à le bic doré ?

 

Je monte deux étages. Atelier « Carnet de route ».

Valérie, passionnée, raconte l’objet. Pourquoi un  carnet ? Et qu’est-ce qu’il renferme ? Elle parle d’un processus de création. De l’objet qui garde, rassemble des traces. Intimes. Personnelles. C’est un chemin à soi. On le suit. On le fait. On le fabrique aussi. Avec des couleurs, des mots, des émotions, des bouts de papiers et un désir. Evidemment.

 

« Je propose que l’on enlève ses chaussures ! » dit Valérie. (Apparemment, pour cheminer, il faut avant tout enlever ses chaussures).

 

Ca rit. Ca raconte. Ca dessine.  Ca découpe. Ca rit beaucoup.

 

J’observe. Pour certains, cela semble tellement difficile d’exprimer ! D’exprimer autre chose que ce que l’on a acquis au fil des ans, au fil de sa carrière. Sortir de soi. Des choses. Des secrets. Des doutes. Certains semblent bousculés. C’est vrai que Valérie les entraîne avec une belle énergie. Et on y va. On écrit. On coupe. On réfléchit (pas trop).

On fonce. Mais dans le respect. Du rythme de chacun. De sa personnalité. Des tempéraments.

 

C’est de la confiance qu’il s’agit. Pour s’exprimer, c’est de cela que l’on a le plus besoin.

 

Laissez libre court à votre mémoire !

 

A côté, c’est l’atelier « Fresque ».

Des sacs poubelle pour tabliers. Un pinceau. Deux crayons. Trois pots. Et c’est parti.

La peinture, la colle, les couleurs s’écrasent sur une toile tendue au sol. C’est un peu l’anarchie. Une dame plus âgée découpe des jupes pour ses deux danseuses (de papier). Et ça colle. Ca peint. Ils sont tous occupés à dire des choses. Simplement. Et parfois n’importe quoi. Mais on s’en fout. On s’exprime.

 

La lecture n’est pas obligatoire.

 

Je passe à l’atelier d’écriture. C’est le moment d’induction. Une musique. Un silence. Se laisser aller dans un état de réception.   

Plus tard.  Les bics courent sur des feuilles de papier. Chaque participant est penché sur sa feuille… Qu’est-ce qu’il raconte ? Qu’est-ce que cette femme va écrire. Pas de thème. Pas de sujet imposé. C’est difficile de se laisser aller dans un état qui permet aux souvenirs, aux phantasmes de monter jusqu’à la tête pour vite redescendre vers la pointe du bic.

Ca y est.

Elle écrit.

C’est parti.

On s’apprête à sauter dans le vide.

 

On se caresse les cheveux !

 

Je cherche l’atelier de musique.

J’entends des rires.

Je croise une femme qui prend ses pieds en photos.

Bien… Bien… Bien…

Je poursuis mon chemin en suivant les rires. J’approche.

J’y suis.

Tous les participants sont assis. En cercle. Chacun tient en main un tube en plastique, un triangle, un tambourin ou un genre de flûte. Ils s’essaient à sortir des sons. On recommence. On garde un rythme. On écoute. On entend. On maintient ce rythme pour accompagner un autre musicien. Et de deux. Et de trois. 

 

On s’entend.

 

Jouer ensemble. Créer une musique avec des bouts de tuyaux en plastique. Et ces trois « spécialistes de la santé » composent un air, un rythme qui fait déjà voyager. Ils se regardent. S’écoutent. Se suivent. S’attendent.

Il y a échange.

Ils voyagent. Dans une jungle ? Dans un désert ? Ou alors en Asie, dans les montagnes de l’Himalaya ? Q’importe où c’était. Mais ça existe ! Ca a le mérite d’être là comme un cadeau offert aux autres membres du groupe !

 

Vous pouvez imaginer que vous êtes sur le sable chaud.

 

Je dois avouer que je suis ému de voir tous ces visages. Ils rayonnent. Ecoutent. Donnent beaucoup. Reçoivent des autres.

Je suis ému de voir qu’il suffit de peu de choses pour que des hommes et des femmes apprennent à parler un autre langage. Expérimente une autre façon de s’exprimer. Et avoir du bonheur a essayer ces nouvelles formes d’expressions.

Je suis surpris de la vitesse avec laquelle les animateurs réussissent à faire sortir tout çà ! J’écoute. Je regarde. J’entends.

 

Et je souris d’imaginer que la révolution est encore possible…

 

Il ne faut surtout pas se crisper pour écrire.

 

C’est la pause de midi. Beaucoup plus de bruit qu’au matin. Et on parle. On cause. On rit. On mange et on boit.

Deux mots se font entendre assez rapidement. Heureux et libre.

Heureux de donner gratuitement aux autres membres du groupe ce que l’on a dans le ventre ou dans la tête. (Je pense à nouveau à la réunion de l’OMC à Hong Kong… Là-bas, ils parlent en milliards… De vendre et d’acheter. De tromper ou de commander… Ici, tout est gratuit…) Et je souris encore une fois.

Heureux de découvrir ce que l’on est, au-delà de nos cadres, de nos codes.

Libres. Possible de trouver cette liberté que l’on veut tous. Ou que l’on porte tous en soi.

Est-ce dire qu’il suffit de chanter, d’écrire, de coller, de faire de la musique pour être libre ? Est-ce de l’art ce que l’on à fait ce matin ? De l’expression artistique ? Est-ce que je sais chanter maintenant ? Danser ? Ecrire ?

 

Est- ce que créer, c’est bon pour la santé ?

 

Les questions fusent. Les réponses restent pour le moment sans réponse. Pas la peine de se prendre la tête avec ce genre de question surtout que la pause de midi s’achève. Tout le monde court rejoindre son groupe pour aller plus loin dans l’expression. Plus loin dans l’expérience du donné et du recevoir.

 

Parce qu’il s’agit avant tout de ça. Enfin, il me semble.

 

Donné et recevoir. Oser donner à l’autre ce que l’on est, ce que l’on a créé et de ne pouvoir le faire qu’à travers soi. Oser recevoir gratuitement une part de l’autre, un instant de création.

C’est ce que je ressens pour le moment. Juste après la pause du midi. Mais nous ne sommes qu’au début de ces deux jours.

 

Couchez-vous ! Fermez les yeux ! Laissez revenir des souvenirs…

 

Je découvre les danseurs chez Gaëlle.  Ils sont en sueur. Tombent Courent. Sautent.

 

Ils semblent respirer profondément la bonne santé.

 

Cheminer (pieds nus). Encore et toujours en laissant des choses sortir de soi. Sortir on ne sait d’où ! Une plage déserte. Une île inconnue. C’est ce qui me touche. Il y a même parfois, parmi certains participants, des regards interrogateurs vers l’animateur ou vers un collègue. Surpris par leur propre culot ! Leur propre audace ! Comme si des mouvements, des expressions, des rires, des mots, des sons s’échappaient sans le vouloir. Sans pouvoir les retenir. C’est drôle.

 

Nous sommes dans un espace de laboratoire ! Il ne faut pas l’oublier.

 

A l’atelier photo, on attend les tirages du matin. Impatiemment.

 

Les photos arrivent. Les participants les placent devant eux. Dominique demande à chacun d’en choisir quatre et de les placer ensemble, réunies dans un espace cadré.

On les commente. On se critique. On s’extasie d’une bonne exposition ou on rit d’une image noire.  Le tout c’est d’y avoir participé !

 

Suivez bien le geste pour le rythme !!

 

Et puis là, il se passe quelque chose. Inattendu. Les animateurs de trois ateliers proposent aux participants d’exposer les travaux. De les commenter. De montrer un peu de soi. Son carnet de voyage. Ses photos. Sa partie de fresque. Pour certains, c’est une très bonne idée. Pour d’autres, il s’agit d’une trahison.

 

Malaise.

 

« On ne savait pas que l’on allait devoir montrer son œuvre aux autres ? »

« On ne savait même pas qu’il s’agissait d’œuvres ? »

« Qu’est-ce qu’ils vont penser de mon travail ? »

 

Silence.

Et re-malaise.

 

Il y en a qui se sentent perdus ?

 

Atelier écriture.

C’est l’heure du grand saut. Il va falloir lire ce que l’on a écrit. Comme le dit Cédric, l’animateur, la lecture n’est pas obligatoire.

Silence.

Cédric affirme que pour lui la lecture à haute voix reste le plus beau moyen de publication. Silence.

C’est difficile de mettre à nu ses mots. Intimité ! Intériorité ! Encore une fois, des mots venant de soi.

Silence.

Une femme a écrit une lettre à son fils. Une lettre qu’elle n’a jamais pu écrire faute de temps ou d’audace. Je ne sais pas.  Dès le premier mot, on sent que c’est intime. Vrai. Et nous, assis autour d’elle, on écoute ses mots. Nous rentrons dans ce récit de quelques lignes, si vite !

On entend si bien. 

Tout est pudeur. Respect. Energie.

 

La journée s’achève par un feu d’artifice. Nous avons droit à un mini concert des chanteurs et des musiciens. Ils nous présentent dans le hall d’entrée, le fruit de leur travail ! De leur inventions. Cette idée, qu’ensemble, ils ont produit quelques instants de liberté me touche. On est libre ! Oh oui, on est libre…

 

C’est très intéressant de le dire mais après !

 

Je repars remplit d’une belle énergie. J’y crois à cette révolution où l’homme inventerait un nouveau langage !

Non. C’est ridicule. 

Inventer une nouvelle énergie ! Ca c’est peut être révolutionnaire ?? 

 

Je dis au revoir. 

Oui, salut !

A demain.

C’est à quelle heure ?

 

C’est drôle. Beaucoup de participants ont un regard autre. Certains semblent avoir rajeunis. D’autres reposés. D’autres encore surpris. Comme transformés.

 

Silence. Je dors.

 

J’essaie de comprendre. 

 

Je pense à cette transformation observée sur les visages de certains participants.

J’ai toujours été convaincu que l’art est art à partir du moment où il transforme.

Regarder un tableau. Ecouter une partition. Caresser une sculpture, un objet.

 

« Etre avec l’art » transforme un homme durant une seconde ou une vie entière.

Si le tableau nous interpelle, nous sommes irrémédiablement autre. Il n’y a pas moyen de faire autrement.

Et faire de l’art. Etre artiste c’est oser se transformer tous les jours ! Toutes les minutes. Se transformer. Subir parfois sa transformation.  En souffrir peut être. Mais ne pouvoir y échapper. Je ne veux pas avoir raison. Ce n’est pas une théorie. Juste ce que je vis tous les jours. Et je ne m’en plains pas : j’ai une vie merveilleuse.

 

Lorsque j’assiste à la réticence de certains à présenter leur œuvre aux regards des autres, (une femme à même parler d’exhibition !) ce n’est que çà : refuser de se transformer. Refuser de montrer à l’autre sa transformation. Il y a une limite à ne pas dépasser. Pudeur. Peur. Angoisses.

Et c’est bien légitime.

 

Peut être est-ce la frontière à ne pas dépasser ? L’expression artistique est bonne pour la santé. Oui. Aller jusqu’au plaisir simple de s’exprimer autrement avec d’autres codes, d’autres signes. Et ne pas bousculer. Ne pas se laisser bousculer ! Garder la maîtrise de soi pour ne pas se laisser aller à la transformation artistique.

 

Peut être est-ce différent pour chacun de nous ?

 

Qu’est-ce que l’on a ressenti comme univers ?

 

Le lendemain, je reviens pour assister aux ateliers d’échanges Des groupes sont constitués. En cercle. Un animateur et des personnes ressources. Un lieu pour échanger les impressions de la veille.

D’abord, c’est une énorme surprise. Quasi tout le monde à repris son cadrage et ses codes.

 

Je redeviens Madame responsable de çà.

Et moi, Monsieur coordinateur de cela.

Qui ? Moi !

Oui toi !

Je suis animatrice là-bas !

 

Et blablabla… Et blablabla !!

 

Etonnant.

 

Et normal parce qu’il s’agit avant tout d’une expérience pour professionnels qui servira peut être au quotidien dans leur travail. C’est une expérience en deux temps : les ateliers pendant un jour où l’on expérimente une autre manière d’exprimer. On se transforme. Et des mots communs le lendemain pour raconter le vécu. On se reformate.

 

Autre surprise. Les mots.

 

On s’écoute poliment mais déjà on ne s’entend plus. Sur la signification des mots. Qu’est-ce que l’art ? L’expression artistique ? Existe-t-il une bonne santé et une mauvaise santé ? Qu’est-ce dire : je suis en bonne santé. Suis-je une artiste parce que j’ai pu créer durant une journée un nouveau langage qui m’était complètement inconnu ? Un nouveau code ? Suis-je un artiste parce que j’ai pris des risques ?

 

D’un coup, violemment, je prends cette sorte de décalage en pleine figure. Mais de quoi parle-t-on ? Ne peut-on s’arrêter de dire et recommencer de nouveaux ateliers pour se souvenir de cette transformation de la veille. Vite ! Très vite avant de disparaître dans les mêmes travers. Dans le langage habituel, commun. Un langage ou « connaissance » s’oppose à « vécu ». Ou « savoir » exclut « cheminement ».

 

Ca m’énerve. Je ne dois pas oublier que je suis observateur. Je ne peux intervenir. Ce serait modifié mon contrat. 

 

Calme. Calme.

 

Je change d’atelier. J’écoute.  Certains participants parlent à nouveau de cette trahison d’avoir dû « exhiber » leur carnet de route à d’autres ! Une autre jeune femme s’indigne d’avoir dû prendre énormément de risque à l’atelier théâtre ! C’était impudique ! J’entends même « viol » !!!!  Apparemment, il y a une limite dans l’expression artistique. Une limite différente pour chacun. Qui veut se mettre en danger ? Ou est ma limite ?

 

Puis il me semble que dans tous ces mots qui s’échangent, il manque une notion et une seule… Celle du désir. Désir de créer. Désir de cheminer (pieds nus ou pas ?).

Désir de trouver un espace de liberté et de vouloir en jouir comme simple citoyen.

Et ce désir, on ne le trouve pas. On doit le créer pour soi. On doit le créer pour les autres.

Une fois le désir acquis, c’est le plaisir qui arrive au galop ! Plaisir d’être ensemble et d’agir ensemble.

Notre société est malade parce qu’elle est sans désir ? Uniquement dans l’offre et la demande mais plus dans le désir ?

 

Alors, camaraaaaades !!

 

Il faut se lever !! Battons-nous ! Exigeons. Luttons ! Bagarrons-nous pour nous réapproprier le désir. Ce n’est que par-là que…

 

Arrête. Arrête !

Observe. Relate. Et ferme ta gueule.

 

Dans l’après-midi, il y avait un débat qui devait être animé. J’étais sans doute fatigué.

 

Je n’entends plus. Ce n’est pas ennuyeux. Non !

 

Il y a comme un problème de positionnement, un décalage. En face de nous, ceux qui sont assis sur la scène n’avaient pas chanté ni dansé ! Et dans la salle, tous les participants l’avaient fait ! On aurait peut être dû changer de position. Tout le monde sur la scène ! Et hop ! Et vous les invités, en bas, dans la salle !

 

J’aurais bien voulu voir ça.

 

Je termine. Je souris en pensant à ce que j’avais entendu la veille.

 

A l’atelier musique, l’animateur demande aux participants d’exprimer par des mots ce qu’ils ont ressenti en écoutant trois de leurs collègues jouer un air de musique avec deux tuyaux et un triangle…

 

 

UN HOMME

Moi, cette musique m’a fait penser à une séance

où l’on fume le calumet de la paix.

 

Rires.

 

                                                           UNE FEMME

Moi, j’étais en pleine jungle sur une pirogue.

 

Silence.

 

                                                           UN AUTRE HOMME

Moi, c’était comme des rafales de vent.

Et la mer.

 

                       UNE AUTRE FEMME

                                   Oui. Moi aussi ! La mer. J’ai entendu la mer !

 

 

Magique !!

 

Alors oui ! Bien sûr !

 

Evidemment que créer c’est bon pour la santé !

 

C’est bon bon pour :

moi

toi

nous

vous

enfants

vieillards

ados

schizos

dépressifs

tristes

drôles

gais

noirs

grands

petits

grippés

anginés

fous

seuls

à deux

pour de bon

pour la reconnaissance

jusqu’à la vie…

 

 

C’était le 13 et 14 décembre. Et c’était bon.

 

 

 

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